Cet article va me coûter un peu d’amour-propre, mais il vaut mieux qu’un discours : je vais vous raconter le ménage que nous avons dû faire sur notre propre domaine. Si ça peut vous éviter de vivre la même chose, il aura servi.
Ce qui s’accumule en quinze ans
Un site qui vit longtemps, c’est comme une maison de famille : on y entasse. Chez nous, dix-huit ans de métier avaient laissé des traces : des sous-domaines créés à l’époque pour héberger des projets de clients, des dizaines de pages en double héritées d’une vieille migration technique, des contenus d’un autre âge qui traînaient encore dans les couloirs.
Pris un par un, aucun de ces fantômes ne semblait grave. Personne ne les visitait. On les avait oubliés. C’est exactement ça, le piège.
Pourquoi Google déteste vos fantômes
Google ne visite pas votre site comme un client, en entrant par la porte principale. Il explore TOUT : chaque vieille page, chaque doublon, chaque recoin. Et il se forge une opinion d’ensemble : de quoi parle ce domaine, est-il tenu, mérite-t-il la confiance ?
Quand la moitié de ce qu’il trouve est du bazar, sa réponse est logique : il comprend mal votre sujet, il dilue votre force sur des pages mortes, et il classe l’ensemble avec prudence. Vos meilleures pages paient pour les fantômes.
Il y a pire. Un recoin oublié est un recoin sans surveillance : c’est là que les pirates s’installent. Nous en avons fait l’expérience sur un vieux sous-domaine abandonné, retrouvé un beau jour rempli de contenus douteux dans une langue étrangère. Rien de visible depuis le site principal. Mais Google, lui, voyait tout, et associait ça à notre nom.
Le point à retenir : votre site n’est pas ce que vous montrez, c’est tout ce que Google trouve. Le ménage n’est pas de l’esthétique, c’est du référencement et de la sécurité.
La méthode du grand ménage
D’abord, l’inventaire complet. Les outils de Google listent tout ce qu’il connaît de votre domaine, y compris ce que vous avez oublié. C’est souvent un choc : comptez deux à trois fois plus d’adresses que ce que vous imaginiez.
Ensuite, trois piles. Ce qui a de la valeur : on garde et on consolide. Ce qui a existé et mérite une adresse de réexpédition : on redirige vers la page qui a pris le relais. Ce qui n’aurait jamais dû exister, doublons, débris techniques, pages compromises : on le déclare officiellement disparu, proprement, pour que Google cesse d’y revenir.
Enfin, la surveillance. Un ménage n’est utile que s’il dure : on vérifie chaque mois que rien ne repousse, et on garde un œil sur les recoins. C’est d’ailleurs une des raisons d’être d’un contrat de maintenance : pas seulement les mises à jour, mais la garde du domaine.
Ce que ça change
Chez nous, le ménage a été le préalable de toute la reconstruction : impossible de faire remonter un site dont Google se méfie. Chez nos clients, c’est souvent l’étape qui débloque tout, celle qu’aucun devis « création de site » classique ne mentionne, parce qu’elle ne se voit pas.
Si votre site a plus de cinq ans, posez-vous la question honnêtement : savez-vous vraiment tout ce que Google connaît de votre domaine ? Si la réponse est non, c’est peut-être par là qu’il faut commencer, avant même de parler de refonte. On peut regarder ensemble : l’inventaire fait partie de l’audit offert, et c’est souvent la demi-heure la plus instructive de tout le projet.
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