Janvier, on subit. Mars, on prépare. Mai, on court. De juin à août, on ne décide plus rien, on tient.
Reste septembre. C’est la seule fenêtre de l’année où un dirigeant de TPE a encore de l’énergie, du recul sur la saison qui vient de finir, et assez de temps devant lui pour qu’une décision produise ses effets avant la prochaine.
Voici la grille qu’on utilise en rendez-vous. Sept points, une heure, un stylo. Pour chacun, ce qui est grave et ce qui ne l’est pas, parce que la moitié du travail consiste à ne pas s’inquiéter des mauvaises choses.
1. Votre fiche d’établissement
Ouvrez-la sur un téléphone, en dehors de votre wifi.
Grave : des horaires faux, aucune photo de moins d’un an, une catégorie d’activité qui ne correspond pas à ce que vous faites vraiment, un numéro obsolète.
Pas grave : ne pas avoir cent avis. Le rythme compte plus que le total, et quelques avis récents valent mieux qu’un stock ancien.
2. Les demandes qui arrivent
Envoyez-vous un message par votre propre formulaire, depuis un autre téléphone, avec une adresse que vous relevez.
Grave : ne rien recevoir, recevoir dans les indésirables, ou recevoir sans le numéro du demandeur. Vous perdez des clients en silence, et c’est le défaut le plus fréquent que nous trouvions en reprenant un site.
Pas grave : que le formulaire soit laid.
3. Ce que vous savez de votre trafic
Ouvrez vos statistiques. Si vous n’en avez pas, notez-le, c’est le sujet numéro un.
Grave : ne pas savoir combien de personnes viennent, ni par quelles phrases. Vous décidez à l’aveugle, et toutes les dépenses qui suivront seront des paris.
Pas grave : avoir peu de visiteurs. Cinquante visiteurs qui cherchent votre métier valent mieux que mille visiteurs de passage.
4. Le premier écran de votre site
Sur téléphone, sans faire défiler. Comprend-on qui vous êtes, pour qui, et comment vous joindre ?
Grave : une phrase d’accueil qui ne dit rien, une image lente, un numéro non cliquable.
Pas grave : que le site ait quatre ans. L’âge n’est pas un défaut, et une refonte n’est pas une réponse en soi.
5. Vos pages de services
Comptez-les. Avez-vous une page par prestation principale, ou une seule page qui les énumère toutes ?
Grave : une seule page fourre-tout. C’est la cause la plus commune d’un site qui ne remonte jamais, et c’est réparable sans tout refaire.
Pas grave : ne pas avoir de blog.
Le point à retenir : sur ces sept points, deux relèvent de l’urgence, un formulaire qui perd des demandes et l’absence totale de mesure. Tout le reste peut attendre un vrai arbitrage, et la plupart des dépenses se décident mieux quand on sait déjà d’où l’on part.
6. Ce que vous possédez
Trouvez qui est titulaire de votre nom de domaine, chez qui le site est hébergé, et qui détient les accès d’administration.
Grave : ne pas savoir répondre. Ce n’est pas une question de confiance envers votre prestataire, c’est une question de continuité si demain il arrête, part à la retraite, ou ne répond plus.
Pas grave : que ce soit votre prestataire qui gère, tant que c’est à votre nom et que vous pouvez récupérer la main.
7. Vos supports imprimés
Sortez une carte de visite, un flyer, un devis papier.
Grave : une adresse de site fausse ou un numéro qui a changé. Ça arrive plus souvent qu’on ne l’imagine, et ça fait tomber des appels.
Pas grave : que la charte ne soit plus tout à fait à la mode.
Les trois questions qui remplacent un audit
Si vous n’avez pas une heure, vous en avez dix minutes, et trois questions suffisent à situer votre entreprise.
D’où viennent vos clients de cette année ? Pas votre impression, la réalité. Prenez vos dix derniers clients et demandez-vous pour chacun comment il est arrivé. Bouche-à-oreille, passage, Google, réseaux, un ancien client. Ce petit tableau vaut tous les rapports du monde, et il donne souvent un résultat surprenant : beaucoup de dirigeants découvrent qu’ils investissent là où rien n’arrive, et rien là où tout arrive.
Quelle est la demande que vous auriez voulu recevoir dix fois de plus ? Décrivez le client idéal de votre saison, celui dont le chantier était rentable, agréable et rapide. Toute votre communication devrait viser celui-là, et elle vise en général tout le monde.
Qu’est-ce qui vous a fait perdre du temps toute la saison ? Les demandes hors zone, les devis jamais signés, les questions posées quinze fois par jour, les rendez-vous fixés par téléphone. Une bonne partie de ce temps se récupère en écrivant les choses au bon endroit, ou en automatisant ce qui est répétitif.
Ces trois réponses en disent plus que n’importe quel diagnostic technique, et elles orientent tout ce qui vient ensuite, du site aux supports imprimés. C’est d’ailleurs par là que commencent nos rendez-vous d’agence de communication dans le Var : pas par ce qu’on pourrait vous vendre, par ce qui s’est passé chez vous cette année.
Ce que vous en faites
Sur les sept points, vous en aurez probablement trois ou quatre en défaut. C’est la moyenne, et ce n’est pas alarmant.
Rangez-les en deux colonnes. À gauche, ce qui perd de l’argent maintenant : le formulaire, la fiche fausse, l’absence de mesure. Réglez ça ce mois-ci, seul, sans budget, en une soirée. À droite, ce qui relève d’un vrai chantier : la structure des pages, une refonte, un plan de contenu. Ça se décide en septembre pour être livré avant le printemps, parce qu’un chantier lancé en février arrive toujours trop tard.
Et si vous voulez qu’on regarde votre colonne de droite avec vous, un devis chez nous commence toujours par ces sept questions, pas par un tarif. Il arrive que la réponse soit qu’il n’y a rien à faire pour l’instant. C’est même la meilleure des réponses, et elle ne coûte rien.
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