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ChatGPT m’a fait mon site en dix minutes. Et après ?

ChatGPT m'a fait mon site en dix minutes. Et après ?
Une IA sort un site correct en dix minutes, c'est vrai, et on ne va pas prétendre le contraire. Ce qui coince arrive le lendemain.

Un client me l’a dit en juin, en me montrant son téléphone, très content, et il avait raison de l’être : « regarde, j’ai demandé à ChatGPT, il m’a sorti mon site en dix minutes. » Le site s’affichait, il était propre, les textes tenaient debout, il y avait même une jolie section sur ses valeurs.

Je vais commencer par le plus désagréable pour moi : il n’a pas tort. Une intelligence artificielle, ChatGPT ou Claude, produit aujourd’hui en quelques minutes un ensemble de pages qui aurait demandé une journée à un développeur il y a cinq ans. Nous nous en servons tous les jours à l’agence. Nier ça, ce serait vous prendre pour un imbécile, et vous le verriez tout de suite.

La question n’est donc pas de savoir si l’IA sait faire un site. Elle sait. La question, c’est ce qui se passe le lendemain.

Le jour 2, celui dont personne ne parle

Ce que l’IA vous a livré, c’est un fichier. Un très bon fichier. Il est sur votre ordinateur, ou dans un onglet de votre navigateur, et le monde entier ne le voit pas.

Pour qu’un client de Puget-sur-Argens le trouve, il faut un nom de domaine, c’est-à-dire l’adresse qu’on tape (votre-entreprise.fr), et il faut un hébergement, c’est-à-dire l’ordinateur allumé en permanence qui garde vos pages et les envoie à celui qui les demande. Deux abonnements, deux prestataires, deux renouvellements à ne pas rater, et un jour à ne pas oublier : celui où la carte bancaire enregistrée arrive à expiration. On voit passer chaque année des entreprises qui perdent leur adresse comme ça, sans faute de personne, juste parce que personne ne s’en occupait.

Ensuite viennent les choses qui ne se voient pas et qui vous engagent. Les mentions légales, qui sont obligatoires. La politique de confidentialité, dès que vous récoltez un nom et un e-mail. Le bandeau des cookies, si vous mesurez votre audience. L’IA vous les rédigera très bien si vous les demandez. Encore faut-il savoir qu’il faut les demander.

Le formulaire qui n’envoie nulle part

C’est le défaut que je rencontre le plus souvent sur les sites faits soi-même, et de loin, tous outils confondus.

Le formulaire de contact est là, il est beau, le visiteur remplit son nom, son message, il clique, un joli message le remercie. Et rien ne part. Pas d’erreur, pas d’alerte, rien. Un formulaire n’envoie pas un e-mail tout seul : il faut le brancher sur quelque chose qui expédie le courrier, et vérifier que le courrier arrive vraiment, y compris quand il part chez un client qui a une adresse en @orange.fr et qui filtre sévèrement.

Le pire, dans ce défaut, c’est qu’il est silencieux. Vous ne recevez pas moins de demandes, vous recevez zéro demande, et vous en concluez tranquillement que le web ne marche pas pour votre métier. J’ai récupéré des sites où ça durait depuis huit mois. Personne n’était en faute. Personne n’avait testé.

Le point à retenir : une IA vous livre un site, elle ne vous livre pas une présence en ligne. Entre les deux, il y a le domaine, l’hébergement, le cadre légal, un formulaire qui arrive vraiment, une fiche Google, et quelqu’un à appeler quand ça casse.

Google ne sait pas encore que vous existez

Mettre un site en ligne ne vous fait pas apparaître dans Google. C’est peut-être la chose la plus mal comprise de mon métier.

Un site neuf est un inconnu. Il faut qu’il soit exploré, qu’il soit compris, qu’il ait une raison d’être préféré à celui d’un confrère installé depuis dix ans. Et pour une entreprise locale, l’essentiel du travail n’est même pas sur le site : il est sur votre fiche d’établissement Google, celle qui affiche vos horaires, vos photos et vos avis à droite de l’écran. Cette fiche, l’IA ne peut pas la créer à votre place. Elle ne peut pas non plus recevoir la carte postale de vérification que Google envoie à votre adresse, ni répondre aux avis de vos clients avec vos mots.

Nous avons vécu ça sur notre propre site, et on l’a raconté ici sans fard : on peut être en première position sur son nom, à Fréjus, et voir passer très peu de monde, parce que la première position ne sert à rien si personne ne cherche cette phrase-là.

Le samedi de juillet où ça casse

Voilà la question que personne ne se pose avant d’en avoir besoin : quand le site tombe un samedi 14 juillet à midi, vous appelez qui ?

Un site vit. Le serveur a des mises à jour, le certificat de sécurité expire au bout d’un an, un module ne s’entend plus avec un autre, quelqu’un tente d’y entrer par la force. En pleine saison, un site en panne pendant quarante-huit heures, pour un restaurant du bord de mer ou un loueur de bateaux, ce n’est pas un désagrément technique, c’est un week-end de chiffre d’affaires.

Vous pouvez tout à fait apprendre à gérer ça. Beaucoup de dirigeants le font très bien. Mais c’est un vrai choix, il se fait les yeux ouverts, et il se fait avant la panne, pas pendant.

Quand faire soi-même est le bon choix

Je ne vais pas vous vendre une agence dont vous n’avez pas besoin.

Si vous lancez une activité et que vous voulez tester une idée avant d’y mettre de l’argent, faites-le vous-même, avec l’IA, et vite. Si vous avez besoin d’une page simple qui présente votre métier, votre téléphone et vos horaires, et que vous êtes à l’aise avec un ordinateur, faites-le vous-même. Si votre activité tient entièrement au bouche-à-oreille et que votre carnet est plein jusqu’en mars, votre priorité n’est pas un site.

Dans ces trois cas, dépenser chez nous serait dépenser pour rien, et on vous le dira au téléphone.

Ce qu’on fait, nous, avec les mêmes outils

Nous utilisons l’IA tous les jours. Pour aller plus vite sur ce qui est répétitif, pour dégrossir, pour tester dix formulations au lieu de deux. La différence n’est pas dans l’outil, elle n’est plus là depuis longtemps.

Elle est dans ce qu’on lui demande, et dans tout ce qui n’est pas de l’écriture : décider ce que la page doit provoquer, connaître les concurrents de votre commune parce qu’on travaille dans le Var depuis 2008, brancher le formulaire et vérifier qu’un vrai message arrive dans une vraie boîte, tenir la fiche Google, surveiller le site, et répondre au téléphone le samedi.

Si vous avez déjà votre site fait avec l’IA, gardez-le. Vraiment. Faites-le relire, faites brancher ce qui doit l’être, et occupez-vous de votre fiche Google avant tout le reste. Et si vous préférez confier l’ensemble, c’est exactement ce qu’on fait quand on parle de création de site internet dans le Var : pas dix minutes de génération, mais les mois qui suivent. Le nom de domaine et l’hébergement compris, parce que c’est là que ça se perd.

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