Une gérante de boutique à Saint-Raphaël m’a montré son compte au printemps, un peu découragée : « je publie trois fois par semaine depuis un an et ça ne m’amène rien. »
Ses publications étaient bonnes. Le problème était ailleurs, et il tient en une observation : quand quelqu’un découvre votre compte, il ne lit pas vos publications. Il regarde le haut de votre profil pendant environ trois secondes, et il décide s’il s’abonne, s’il vous contacte, ou s’il repart.
Ce haut de profil, la plupart des commerces ne l’ont pas touché depuis l’ouverture du compte.
Les six lignes qui décident
Le nom affiché. Ce n’est pas votre identifiant, c’est le champ en gras juste en dessous. Il est cherchable, ce que peu de gens savent. « Chez Marie » ne dit rien. « Chez Marie, fleuriste à Fréjus » vous fait apparaître quand quelqu’un tape fleuriste Fréjus dans la barre de recherche de l’application. C’est le réglage le plus rentable de tout Instagram, et il prend dix secondes.
La catégorie. Elle s’affiche sous le nom et elle situe immédiatement. Un profil sans catégorie oblige le visiteur à deviner.
La première ligne de la biographie. Elle doit dire ce que vous faites et pour qui, pas votre philosophie. Gardez l’émotion pour la deuxième ligne, la clarté d’abord.
La localisation. Écrivez la commune noir sur blanc. Sur un compte de commerce, c’est l’information que le visiteur cherche en priorité, et l’oubli est très fréquent.
Le lien. Un seul, celui qui sert vraiment. Vers votre site si vous en avez un, vers la réservation si c’est votre nerf de la guerre. Un lien vers une page d’accueil générique convertit mal : envoyez vers la page utile.
Le bouton de contact. Instagram permet d’afficher un bouton pour appeler, écrire ou trouver l’itinéraire. Beaucoup de comptes professionnels ne l’ont jamais activé, et se privent du geste le plus simple que le visiteur puisse faire.
Le point à retenir : votre profil est votre vitrine, vos publications sont ce qui passe devant. Un visiteur convaincu par vos photos ira toujours vérifier le haut du profil avant de faire quoi que ce soit, et c’est là que la plupart des commerces perdent leurs visiteurs.
Les Stories à la une, votre catalogue permanent
Ce sont les petites bulles rondes sous la biographie, et elles sont sous-utilisées de façon spectaculaire.
Une Story disparaît en vingt-quatre heures, sauf si vous l’épinglez à la une, où elle reste indéfiniment. Vous disposez donc d’un espace gratuit pour ranger ce qu’on vous demande cent fois : les horaires, les tarifs ou les fourchettes, le parking, les prestations, les avis de clients, les questions fréquentes, l’accès.
Cinq bulles bien nommées font gagner un temps considérable en messages, et rassurent le visiteur qui n’osera pas écrire pour demander si vous ouvrez le dimanche.
Les publications épinglées
Vous pouvez fixer trois publications en haut de votre grille. Elles ne sont pas là pour vos plus belles photos, elles sont là pour vos trois meilleures réponses.
Pour un restaurant : la carte du moment, une vue de la salle, un plat signature. Pour un artisan : un avant-après, un chantier terminé, une présentation en une minute. Pour un hôtel : les chambres, la piscine, le petit-déjeuner.
Un visiteur qui arrive doit comprendre votre métier en regardant trois cases, sans faire défiler.
Ce qui ne sert à rien de faire
Publier tous les jours si le profil n’est pas réglé. Vous remplissez un seau percé.
Acheter des abonnés, ce qui se voit immédiatement au rapport entre le nombre d’abonnés et les réactions, et ce qui vous décrédibilise auprès des vrais clients.
Mettre trente mots-clés sous chaque photo. Cinq précis, dont un local, suffisent largement, et le reste encombre.
Copier ce que fait une marque nationale. Elle joue à un autre jeu, avec une autre grille de moyens, et son objectif n’est pas de faire entrer quelqu’un dans une boutique de la rue Jean Jaurès.
Si vous avez aussi une page Facebook
Les deux plateformes appartiennent à la même maison et se relient en deux clics, depuis les réglages de la page. Une publication part alors sur les deux d’un coup.
C’est une bonne idée dans un seul cas : quand vous publiez la même chose aux deux publics. Ça devient une mauvaise idée quand vous laissez la mécanique tourner sans regarder, parce que les formats ne se ressemblent pas. Une Story verticale devient illisible sur Facebook, un texte long passe mal sur Instagram, et les mots-clés en fin de légende, utiles d’un côté, font brouillon de l’autre.
Le bon réglage pour une TPE : liez les deux comptes, publiez depuis Instagram, et acceptez que le résultat soit un peu moins soigné côté Facebook. Le temps gagné vaut cette imperfection. Ce qui ne se duplique pas, en revanche, ce sont les réponses : les messages arrivent dans deux boîtes différentes, et l’une des deux finit toujours par être oubliée.
Le test à faire ce soir
Ouvrez votre profil depuis un compte qui n’est pas le vôtre, ou en navigation privée, et arrêtez-vous trois secondes en haut.
Trois questions : est-ce qu’on comprend ce que vous vendez, est-ce qu’on sait où vous êtes, est-ce qu’on peut vous joindre en un geste ? Si l’une des trois réponses est non, corrigez ce soir, ça prend un quart d’heure et ça vaut trente publications.
Et n’oubliez pas où le visiteur atterrit après avoir cliqué sur votre lien. Un profil impeccable qui renvoie vers un site lent, daté ou sans bouton de contact, c’est un beau couloir vers une porte fermée. C’est le rôle d’un site vitrine que d’attraper ce visiteur-là, et vous pouvez voir dans nos réalisations à quoi ressemble une page qui reçoit du trafic venu des réseaux.
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