Un artisan de Roquebrune me l’a dit cet hiver, et il avait des arguments : sa page tourne, ses clients commentent, il poste ses chantiers depuis son téléphone en fin de journée, ça ne lui coûte rien.
Franchement, il a raison sur un point : une page vivante vaut mieux qu’un site mort. J’en vois beaucoup, des sites faits il y a six ans, jamais retouchés, pendant que la page Facebook du même artisan grouille de photos de chantiers récents. Si je dois choisir entre les deux, je choisis la page.
Mais on n’est pas obligé de choisir, et il y a quatre choses que la page ne fera jamais.
Un : vous ne la possédez pas
C’est la phrase qui fait lever les yeux au ciel, jusqu’au jour où elle se réalise.
Votre page n’est pas à vous, elle est hébergée chez quelqu’un d’autre, sous des conditions que ce quelqu’un modifie quand il le décide. Il suffit d’un signalement automatique, d’une publication mal interprétée, d’un compte personnel administrateur piraté, et l’accès saute. Ça arrive, ce n’est pas une histoire pour faire peur, et le pire n’est pas la suspension : c’est qu’il n’y a personne à appeler. Vous remplissez un formulaire et vous attendez.
Le jour où ça tombe, vous perdez d’un coup votre vitrine, vos photos, vos avis et le lien avec vos clients. Dix ans de travail dans un dossier auquel vous n’avez plus accès.
Un site, vous le possédez. Le nom de domaine est à votre nom, les fichiers sont copiables, et si votre hébergeur vous déplaît vous partez ailleurs avec tout.
Deux : Google ne cherche pas dans Facebook
Quand quelqu’un tape « plombier Puget-sur-Argens » ou « traiteur mariage Draguignan », il obtient des sites, des fiches d’établissement, une carte. Une page Facebook remonte rarement, et presque jamais au-dessus d’un concurrent qui a une vraie page dédiée à ce service.
Or c’est précisément là que se trouve le client qui ne vous connaît pas, celui qui n’a pas d’ami commun avec vous, celui qui a un problème maintenant. Votre page vous sert bien auprès des gens qui vous suivent déjà. Elle ne vous amène presque personne d’inconnu.
C’est une nuance importante, parce qu’elle explique la sensation qu’ont beaucoup de gérants : « ma page marche bien » est vrai, et « je n’ai pas de nouveaux clients » l’est aussi, en même temps.
Le point à retenir : votre page entretient la relation avec ceux qui vous connaissent déjà. Un site va chercher ceux qui ne vous connaissent pas. Ce sont deux métiers différents, pas deux options concurrentes.
Trois : vous ne mesurez presque rien
La page vous donne des vues et des mentions j’aime. Elle ne vous dit pas quelle phrase les gens ont tapée avant de vous trouver, quelle prestation les intéresse le plus, à quelle heure ils regardent, ni combien de personnes ont cliqué sur votre numéro sans appeler.
Sur un site, ces informations existent, elles sont gratuites, et elles se lisent en dix minutes par mois. C’est ce qui permet de décider quoi mettre en avant au printemps prochain, plutôt que de deviner.
Quatre : tout le monde n’est pas sur Facebook
Une part de vos clients n’y est pas, ne veut pas y être, ou n’ira pas y chercher une entreprise. Un artisan qui travaille pour des syndics, un traiteur qui vise des comités d’entreprise, un cabinet qui reçoit une clientèle âgée : dans ces cas, une adresse en votre-entreprise.fr sur un devis n’est pas un détail de vanité, c’est un signal de sérieux.
Il y a aussi le cas très concret du client qui cherche vos horaires un dimanche à 11h. Sur une page, il faut faire défiler. Sur une fiche Google reliée à un site, l’information est en haut de l’écran.
Et il y a la question qui tombe au moment le plus gênant. Vous répondez à une demande de devis un peu importante, plus importante que d’habitude, et en face on vous demande l’adresse de votre site. Ce n’est pas une question technique, c’est une vérification. Répondre « je n’ai qu’une page Facebook » ne vous disqualifie pas, mais ça vous fait passer une seconde de plus dans la case des petites structures, et cette seconde-là, vous ne la contrôlez pas.
Le point qu’on ne voit venir qu’après coup
Une page dépend d’un algorithme, c’est-à-dire d’un tri automatique qui décide combien de vos abonnés verront votre publication. Ce tri change, et il ne change jamais dans le sens qui vous arrange. Les gérants que je croise dans le Var le constatent tous : la même publication touche moins de monde qu’il y a quelques années, à nombre d’abonnés égal.
Vous n’y pouvez rien, et personne n’y peut rien. C’est le loyer d’une vitrine qu’on n’a pas achetée. Un site ne fait pas mieux en portée, il fait autre chose : il ne dépend de personne, et ce que vous y publiez y reste, consultable dans trois ans, sans qu’un tri décide de le montrer ou non.
Ce que je conseille, en pratique
Gardez la page. Ne la ralentissez pas, elle est probablement votre meilleur outil de lien avec vos clients actuels, et vous y êtes bon.
Ajoutez à côté trois choses, dans cet ordre. D’abord la fiche d’établissement Google, gratuite, qui capte les recherches locales de dernière minute. Ensuite un site simple, quatre ou cinq pages, avec ce que vous faites, pour qui, où, vos réalisations et votre contact. Enfin le lien entre les deux : votre site pointe vers la page pour montrer que vous êtes vivant, votre page pointe vers le site pour les demandes sérieuses.
Cette combinaison coûte peu et elle change une chose fondamentale : elle rend votre présence en ligne indépendante d’une décision qui ne vous appartient pas.
Un dernier détail que je vois trop souvent. Quand vous mettrez le site en place, prenez le temps de vérifier que le formulaire arrive vraiment dans votre boîte, et testez-le depuis un téléphone qui n’est pas le vôtre. C’est bête, mais un site muet vous coûterait exactement ce que la page vous rapporte.
Pour ce que ça recouvre concrètement, quatre ou cinq pages, un contact qui fonctionne et des textes qui ressemblent à votre métier, tout est décrit sur notre page site vitrine. Et si vous êtes du secteur, on travaille depuis 2008 depuis Fréjus, donc on connaît vos concurrents aussi bien que vous.
Un projet web ou une question dans le Var ?
On échange gratuitement, sans engagement, pour voir comment vous rendre plus visible et vous faire gagner des clients.
Parler de mon projet