Un gérant de société de menuiserie, du côté de Puget-sur-Argens, a posé deux devis sur la table de l’agence l’automne dernier. Même demande, un site pour présenter son atelier et récupérer des demandes de pose. Le premier annonçait mille quatre cents euros. Le second, un peu plus de six mille. Il m’a regardé, sincèrement perdu : « Ils font le même métier, comment un peut coûter quatre fois l’autre ? » La vérité, c’est qu’ils ne vendaient pas du tout la même chose. Et rien, dans les deux documents, ne permettait de le deviner au premier coup d’œil.
C’est le piège du devis pour un site web. Ce n’est pas un produit qu’on prend sur une étagère, avec un prix affiché et des caractéristiques identiques d’un vendeur à l’autre. Deux prestataires peuvent écrire « création de site vitrine » sur la même ligne et parler de deux réalités qui n’ont rien en commun. Avant de signer, ce sont vos questions qui font la différence, pas le montant en bas de page. Voici celles qui comptent vraiment.
Ce que vous achetez, au juste
La première question paraît évidente, elle ne l’est presque jamais : le site sera-t-il vraiment à vous ? À qui appartient le nom de domaine, le code, les accès à l’hébergement ? Certains prestataires vous louent en réalité une place sur leur système. Tant que vous payez, tout va bien. Le jour où vous voulez partir, vous découvrez que vous ne pouvez rien emporter, ni le contenu, ni l’adresse que vos clients connaissent. Demandez noir sur blanc que le domaine soit déposé à votre nom et que vous récupériez tous les identifiants à la livraison. Un non gêné sur ce point en dit long.
Deuxième question, celle qui explose la moitié des budgets en cours de route : qui écrit les textes et qui fournit les photos ? Beaucoup de devis chiffrent la « coquille » du site et considèrent que vous arriverez avec vos contenus tout prêts. Sauf que rédiger les pages d’une entreprise, choisir les bons mots, faire des photos qui donnent envie, c’est un métier et des heures. Si ce n’est pas dans le devis, ce sera à votre charge, un dimanche soir, ou en supplément. Clarifiez-le avant, pas après.
Troisième point : combien de pages, et que se passe-t-il si vous en voulez une de plus ? Un site à cinq pages et un site à quinze ne demandent pas le même travail. Demandez le nombre exact prévu et le tarif d’une page supplémentaire. Vous saurez si le prix bas cache une structure minuscule qu’il faudra étoffer, forcément en payant.
La qualité qu’on ne voit pas sur la maquette
Une belle image de présentation ne dit rien de ce qui se passe une fois le site en ligne. Quatrième question : le site sera-t-il pensé pour le mobile d’abord ? Dans le Var, une écrasante majorité de vos visiteurs vous découvrent depuis leur téléphone, souvent entre deux rendez-vous ou depuis une terrasse. Un site qui ne s’affiche bien que sur ordinateur, aujourd’hui, c’est un site à moitié raté. Demandez à voir un exemple réalisé par le prestataire, ouvert sur votre propre smartphone.
Cinquième question, celle que les dirigeants oublient le plus souvent : le site est-il conçu pour être trouvé sur Google ? Un site magnifique que personne ne trouve ne vous rapporte rien. Il ne s’agit pas de promettre la première place, personne de sérieux ne le fait, mais des bases doivent être posées : une structure propre, des titres pensés pour la recherche, une vitesse de chargement correcte. Un site lent fait fuir le visiteur avant même qu’il ait vu votre offre, et j’en parle plus en détail dans cet article sur les secondes qui font partir un client. Si le mot référencement n’apparaît nulle part dans la discussion, méfiez-vous.
Sixième question, la plus terre à terre : que comprend le prix, exactement, et qu’est-ce qui sera facturé en plus ? Demandez le détail ligne par ligne. L’hébergement de la première année est-il inclus ? Le certificat de sécurité, le fameux cadenas ? La formation pour prendre le site en main ? Un devis honnête assume ses lignes et ses limites. Un devis flou, avec un forfait rond et aucun détail, cache presque toujours des suppléments qui tomberont plus tard.
Ce qui se passe après la livraison
Un site n’est pas une plaque qu’on visse au mur une fois pour toutes. Septième question : qui s’occupe des mises à jour, de la sécurité et des sauvegardes ? Un site laissé à l’abandon se fait pirater, tombe en panne, affiche un jour une page blanche un samedi de juillet en pleine saison. Demandez s’il existe un contrat de maintenance, ce qu’il couvre, ce qu’il coûte par mois. Et surtout, ce qui se passe si vous ne le prenez pas. Mieux vaut connaître le prix de la tranquillité avant de signer que découvrir celui de la panne après.
Huitième et dernière : pourrez-vous modifier votre site vous-même ? Changer un horaire, ajouter une photo de chantier, publier une actu. Si oui, avec quelle formation ? Si non, combien coûte la moindre modification, et sous quel délai ? Un patron qui doit payer et attendre une semaine pour corriger une faute de frappe finit par ne plus rien toucher, et son site se fige.
Voici, à garder sous le coude quand vous recevez une proposition :
- Le domaine et les accès seront-ils à mon nom, récupérables si je pars ?
- Qui rédige les textes et fournit les photos, et est-ce compris ?
- Combien de pages, et quel prix pour une page en plus ?
- Le site est-il pensé mobile d’abord, exemple à l’appui ?
- Quelles bases de référencement sont posées au départ ?
- Que couvre le prix, ligne par ligne, et qu’est-ce qui sera en supplément ?
- Maintenance, sécurité, sauvegardes : qui, comment, combien ?
- Pourrai-je faire mes modifications moi-même, et sinon à quel tarif ?
Avec ces huit réponses en main, les deux devis de mon menuisier n’auraient plus rien de mystérieux. L’un vendait une coquille à remplir soi-même, sans référencement ni maintenance, avec un domaine qui ne lui appartenait pas. L’autre livrait un vrai outil de travail. Le moins cher n’était pas une affaire, c’était un autre produit.
Questions fréquentes
Un devis moins cher est-il forcément un mauvais choix ?
Pas forcément, mais un prix nettement plus bas correspond presque toujours à un périmètre plus réduit. La question n’est pas « est-ce moins cher », c’est « qu’est-ce qui manque pour arriver à ce prix ». Parfois le contenu, parfois le référencement, parfois la propriété du site. Comparez les périmètres avant les montants, et un devis bon marché mais complet reste un bon devis.
Faut-il demander plusieurs devis pour un site internet ?
Oui, deux ou trois suffisent. L’intérêt n’est pas de faire baisser le prix en les mettant en concurrence, mais de comprendre, en les comparant avec les bonnes questions, ce que chacun met vraiment derrière ses lignes. Vous verrez vite lequel joue franc jeu et lequel reste vague dès qu’on creuse.
Combien coûte un site vitrine pour une entreprise dans le Var ?
La fourchette est large, d’environ un millier d’euros pour une présence très simple à plusieurs milliers pour un site complet, rédigé, référencé et maintenu. Le bon repère n’est pas le montant seul mais ce qu’il finance : un site que vous possédez, qu’on trouve sur Google et qui vit dans le temps vaut son prix. Un site vitrine bien construit est un investissement, pas une dépense qu’on cherche à réduire au minimum.
Avant de signer, parlons-en
Un devis clair, c’est déjà un signe de sérieux. Si celui qu’on vous propose reste flou sur la propriété, le contenu, le référencement ou l’après-livraison, ce n’est pas un détail : c’est souvent la partie qui vous coûtera le plus cher plus tard. Prenez le temps de poser vos huit questions, quitte à revenir vers le prestataire pour les éclaircir. Un vrai professionnel y répondra sans se braquer.
Chez Ambra, à Fréjus, on chiffre nos créations de site internet dans le Var en détaillant chaque ligne, parce qu’un client qui comprend ce qu’il paie est un client tranquille. Si vous avez un devis en main et un doute, passez nous voir ou appelez l’agence : on le relit avec vous, franchement, et on vous dit ce qui tient la route et ce qui mérite une explication.
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